Démarche et méthodologie pour l’observation

Le but principal est d’évaluer la population reproductive du sub-stock C3 (Madagascar) dans le Canal de Sainte-Marie, et d’étendre, si possible, la méthode à d’autres zones de Madagascar. Nous avons conçu une combinaison stratégique d’observation terrestre et marine et de survols aériens. L’association effectue des observations en bateau depuis plusieurs années autour des côtes malgaches mais aussi des observations aériennes et des observations terrestres, principalement toutes faites à Sainte-Marie.

Une continuité dans la méthodologie est proposée pour identifier de possibles tendances dans la migration de la population des baleines. Grâce à l’utilisation de ces méthodes, Cétamada garantit une expertise et tout l’équipement nécessaire (incluant des observations aériennes, bateaux, des pilotes formés, des skippers et des observateurs).

Des informations basiques comme le temps (beaufort), la phase de la lune et l’état de la mer sont enregistrées pendant chaque sortie quotidienne à bord du bateau. Au début de chaque observation, le point GPS, la météo et le nombre de baleines observées ainsi que leurs comportements sont notés. Les observations sur le bateau permettent de faire des photos ID (identification) ainsi qu’une estimation du g (0), coefficient de correction des survols aériens. Ce coefficient représente l’intervalle de temps entre une phase d’immersion et une phase où le groupe de baleine reste à la surface. Pour les survols aériens, chaque angle d’observation est calculé. Pour les observations terrestres, on estime la distance par rapport à la côte. Une fois dans le bureau de travail de Cétamada, toutes les informations sont sur le portail Cétanet.

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Observations lors des survols aériens

Sur les 31 espèces de mammifères marins présentes dans les eaux côtières de Madagascar, 11 espèces ont été observées lors de nos survols aériens.

  • 2 espèces de baleines à fanons ou mysticètes : la baleine à bosse (Megaptera novaeangliae) et la baleine franche (Eubalaena australis)
  • 8 espèces d’odontocètes : le grand dauphin (Tursiops sp), Stenella (Stenella sp), Pseudorque (Pseudorca crassidens), Mesoplodon (Mesoplodon sp) Mesoplodon Longman (Indopacetus pacificus), le dauphin d’Electre (Peponocephala electra), la baleine à bec de Cuvier (Ziphius cavirostris) et des es globicéphales à nageoires rayonnées (Globicephala macrorhyncus).
  • Les résultats des relevés aériens nous donnent également la possibilité d’observer les dugongs (Dugong dugon).

A noter que Cétamada faisait partie de l’équipe de relevés aériens de REMMOA (France) en 2010

http://cetamada.com/2011/01/2049

http://cetamada.com/2010/01/la-campagne-de-survols-aeriens-a-sainte-marie

 Observations terrestres

 

Les observations terrestres sont une manière efficace d’évaluer l’abondance des espèces qui migrent près des terres (Hiby & Hammond 1989). Cette technique est particulièrement utile quand les populations sont petites et quand l’espèce passe une période significative de son temps sous l’eau. Cela peut être une méthode excellente pour l’évaluation des mammifères marins qui migrent le long des côtes. Les observations terrestres sont généralement des estimations du nombre d’individus qui passent à partir d’un point fixe.

Des conditions optimales pour l’étude terrestre des baleines à bosse incluent :

  • Une élévation approximative de 120 m au-dessus du niveau de la mer assurant une visibilité approximative de 10 km avec un état raisonnable de la mer,
  • L’utilisation d’un abri pour protéger l’observateur des conditions météorologiques défavorables,
  • Un accès facile en voiture ou en bateau,
  • Un plan pour deux zones d’observations, un premier pour le nord et un second pour le sud,
  • Un plan pour une période d’observation de 4 semaines pendant le pic de présence dans la période de migration (juillet-Août),
  • Les observations devraient être effectuées chaque jour aussi longtemps que possible,
  • Au moins deux observateurs pour parcourir à l’oeil nu la zone d’intérêt et pour faire des scans réguliers avec des jumelles pour identifier l’espèce,
  • L’utilisation d’un theodolite pour déterminer précisément la distance des baleines par rapport au rivage et pour la mesure des mouvements incluant la vitesse et la trajectoire.

Basée sur ces conditions, nous proposons l’observation terrestre à Ste Marie à deux endroits : Coco Baie (Nord-Ouest de l’île), Baie Clipper (côte ouest de l’île) ou Ankarena (Sud-est).

Un ou 2 observateurs réaliseront des observations sur chaque site pendant 3 jours (15 heures) chaque semaine, ce qui fait un total de 150 heures par site. Nous proposons également d’instaurer un autre site d’observation terrestre à Maroantsetra. Les frais pour l’observation terrestre seront essentiellement ceux du salaire de l’observateur. Une petite malle contiendra l’équipement, à savoir une paire de jumelles, un théodolite, un ordinateur et une radio VHF. Le theodolite et l’ordinateur pourraient être prêtés par des instituts de recherches, réduisant ainsi au minimum le coût du projet.

Les données récoltées lors des études sont réalisées en partenariat avec des possibles sponsors et des universités associées.

Les recherches permettront finalement d’évaluer la taille de la population après 16 années d’observation et de discuter en profondeur de l’efficacité des règles de conservations des zones protégées dans l’océan Indien. Il est important de préciser que la base de données des photos ID rassemblées jusqu’ici par notre équipe est en accès libre sur notre site internet (www.cetamada.org).

Le fait que notre site web soit en accès libre donne certains avantages, notament l’identification d’individus à travers le monde, comme ça été le cas d’une femelle qui, après avoir été observée dans les eaux côtières du Brésil par l’Institut de Jubarta, a été retrouvée 2 ans plus tard dans les eaux malgaches par un chercheur britannique (Stevick et al, 2010).

Toutes les données collectées par notre équipe sont geo-référencées afin d’être plus tard intégrées à un système d’information géographique (SIG). La gestion des données est fondamentale pour la zone, depuis que Cétamada a enregistré en août 2010, pour la première fois dans le monde, une naissance de baleine à bosse à 1.5 km de la côte de Ste Marie. Le rassemblement de données spatio-temporelles est crucial, car la migration des baleines et leur distribution peuvent être utilisées comme des indicateurs de changement climatique. Par exemple,  Simmonds (CBI, 2009) a noté que les baleines à bosse pourraient commencer à migrer plus tôt pour retourner dans l’Océan Antarctique afin de s’alimenter pendant une période plus longue en raison du changement climatique.

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